Celui qui pousse la porte du 56 rue du Capitaine-Ferber entre dans l’histoire. Studios Ferber c’est d’abord René Ameline, l’ingénieur du son qui a enregistré “Pour un flirt” chez Davout et qui décide de fonder ses propres studios d’enregistrement dans les années 70. C’est aussi Black Sabbath, Cerrone, Nina Simone, Gainsbourg, Selena Gomez et Oxmo Puccino, c’est la BO de La Cité des Anges et celle du Comte de Monte-Cristo, c’est la Neve série 82-48, modèle unique de console d’enregistrement, envié du monde entier, ce sont les centaines de bandes analogiques stockées au sous-sol, précieux réceptacles de morceaux qui ne verront jamais le jour, c’est le vieux tube cathodique que Renaud Létang, successeur de René, utilise encore pour faire son mixage. Pour des studios légendaires, le bouche-à-oreille suffit à faire tourner boutique et Ferber aurait pu s’en tenir là.
En-dehors des murs recouverts de chêne, un monde de potentiels attend : des marques prêtes à associer leur nom à ce haut lieu de la créativité, des passionnés de culture ou de simples curieux qui paieraient pour en franchir le seuil, des objets cultes à imaginer. Ferber a fait appel à Bruno pour capitaliser sur une identité jusqu’à maintenant sous-exploitée et la mettre en valeur.
La marque était déjà dotée d'une icône et d’un logo puissants. “Utiliser des éléments qui n’ont pas bougé depuis les années 70, c’est comme jouer avec un violon qui a 150 ans. Tu ne dois pas l’abîmer.”, nous a dit Pierre Jeannelle, directeur de création. Nous avons ainsi retravaillé l’avion, hommage à l’aviateur qui donna son nom à la rue des studios, pour en faire une icône lisible et déployable comme élément principal de la direction artistique. L’hélice est restée organique, presque liquide. Quant au choix de la typographie, il s’est porté sur une mono qui rappellera le moniteur cathodique de Renaud, évidemment. Pour le reste, les Studios Ferber n’ont pas besoin de séduire. Ils doivent embrasser un branding créatif, mais compatible avec les milliers d’autres brandings qu’il encadre : ceux des artistes. Les couleurs seront choisies au gré de l’inspiration et les compositions graphiques ne répondront à aucune loi sinon celle de la curiosité, de l’étrange, de l’alternatif.
Le point final mais capital fut de conseiller les équipes sur une stratégie social media qui fasse honneur aux récits à transmettre.